Terminal à conteneurs de Bremerhaven
Le groupe de transport maritime danois Maersk a fait état jeudi d'un bénéfice d'exploitation au deuxième trimestre supérieur aux attentes et tout en relevant à nouveau sa prévision annuelle de résultats, des annonces qui entraînent une vive hausse de l'action en Bourse.
Vers 08h20 GMT, le titre Maersk progressait ainsi 5,3% à 18.325 couronnes - après avoir ouvert en hausse de 8% - affichant l'un des gains les plus marqués de l'indice Stoxx 600.
Maersk, considéré comme une valeur de référence du commerce mondial en raison de sa position de deuxième armateur de porte-conteneurs au monde, avait déjà revu à la hausse ses prévisions en juin à la faveur d'une forte demande, notamment en Asie, et dit anticiper une croissance du marché mondial des conteneurs d'environ 4% cette année.
"Maersk a profité de la forte hausse des taux de fret, des perturbations commerciales et de la croissance des exportations chinoises, tout en parvenant à répercuter la hausse des coûts du carburant sur ses clients", a déclaré Haider Anjum, analyste chez Jyske Bank, dans une note de recherche.
L'Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) sur la période d'avril à juin s’est élevé à trois milliards de dollars (2,6 milliards d'euros), contre un consensus de 2,12 milliards de dollars établi par le groupe auprès de 11 analystes, et après 2,30 milliards enregistrés un an plus tôt.
Maersk, qui compte Walmart, Target et Nike parmi ses clients, table désormais sur un Ebitda sous-jacent compris entre 10,5 et 12,5 milliards de dollars cette année, contre huit à dix milliards précédemment et sur un résultat d'exploitation sous-jacent compris entre 4,5 et 6,5 milliards de dollars, contre deux à quatre milliards auparavant.
La demande mondiale dans le secteur du transport maritime de conteneurs a dépassé les attentes au deuxième trimestre, la croissance observée sur d'autres marchés ayant largement compensé la contraction de 40% des importations au Moyen-Orient, les exportations chinoises constituant le principal moteur de cette progression.
"Cette dynamique pourrait se prolonger au troisième trimestre 2026, les exportations chinoises ne montrant aucun signe de ralentissement. Toutefois, le conflit non résolu au Moyen-Orient continue d'imposer la prudence", a indiqué Maersk.
Son concurrent allemand Hapag-Lloyd a également récemment relevé ses prévisions pour l'exercice, invoquant une forte demande du marché et une évolution positive des taux de fret.
Le géant du transport maritime a bénéficié des turbulences du commerce mondial qui ont tiré les taux de fret vers le haut, parmi lesquelles la guerre entre les États-Unis et l'Iran, qui perturbe fortement le trafic dans le détroit d'Ormuz, et les attaques des Houthis en mer Rouge.
Certains analystes ont toutefois averti que la vigueur récente du marché du fret ne constituait qu'un soutien temporaire, masquant des risques plus importants à venir, et que toute normalisation du trafic en mer Rouge exercerait une forte pression à la baisse sur les taux de fret.
Le corridor commercial Asie-Europe passant par le canal de Suez a été délaissé par la plupart des transporteurs maritimes au début de cette décennie, à la suite des attaques en mer Rouge par les Houthis du Yémen, contraignant les navires à contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance.
Les trajets plus longs ont entraîné une hausse des tarifs de transport, mais Maersk et Hapag-Lloyd ont annoncé ces derniers mois qu'ils reprendraient certains services via le canal de Suez dans le cadre d'un retour progressif.
Vincent Clerc, le directeur général de Maersk, a déclaré lors d'une conférence de presse que les conditions d'une réactivation complète de la route passant par le canal de Suez dès cette année étaient réunies, sous réserve qu'il ne se passe rien au Yemen.
Il a également dit le niveau élevé des taux de fret s'expliquait par la congestion des ports et non pas par la perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz, voie essentielle au transport maritime mondial d'hydrocarbures, fermé de facto par l'Iran depuis qu'il a été attaqué le 28 février par les Etats-Unis et Israël.
(1 euro = $1.1524)
(Rédigé par Stine Jacobsen, version française par Aleksandra Kret, édité par Benoit Van Overstraeten)

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